Chroniques ARAFA n°1. 2022

Sommaire

Introduction. Christine Mennessier-Jouannet

Campagne de prospection thématique 2021 : les dolmens de la Planèze de Saint-Flour (bilan de l’opération et perspectives). Florent Chateauneuf

La nécropole de la Pénide à Espalem (43) et le tumulus 21. Anne Duny

L’habitat fortifié du Suc de Lermu à Charmensac (Cantal) : campagne de fouille 2021. Fabien Delrieu, Christine Mennessier-Jouannet, Cécile Moulin, Fabrice Muller

Chronologie du mobilier archéologique du second âge du Fer en Auvergne. Volume 2 : La Tène ancienne en Basse Auvergne. Christine Mennessier-Jouannet, Jean-Claude Lefèvre

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Chroniques ARAFA n°2. 2023

Sommaire

1- Recherche d’archives paléoenvironnementales à proximité de sites protohistoriques (Nord du Cantal). André-Marie Dendievel

2 – La question des exploitations minières protohistoriques dans le Cantal : tour d’horizon du potentiel en minerais et des données archéologiques disponibles. Florie-Anne Auxerre-Géron

3 – L’occupation du sol dans le massif du Cézallier à l’âge du Bronze et au 1er âge du Fer. Fabien Delrieu

4 – Le « Tumulus » de Celles (Cantal). Monument funéraire ou plate-forme de crémation ? Lionel Izac-Imbert

5 – Un accessoire de cuisine en céramique : les plaques de cuisson. Christine Mennessier-Jouannet

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Les Chroniques n°2 poursuivent leur objectif : vous apporter un condensé des résultats acquis dans divers domaines des recherches effectuées par les membres de l’association. A ce titre, elles sont révélatrices des centres d’intérêt actuels concentrés pour la plupart vers la Haute Auvergne. En effet, après une longue période où la problématique des sites agglomérés, puis des oppida et de leur environnement territorial a enrichi nos connaissances sur l’organisation politique, administrative et économique du territoire arverne centré sur la Basse Auvergne, nous voilà portés vers la Haute Auvergne.

Cantal et Haute-Loire ont longtemps été les méconnus de la recherche protohistorique. Nous ne pouvons que nous réjouir de ce changement de tendance qui apporte déjà des résultats insoupçonnés sur la question des identités culturelles et de leurs différentes modalités entre Haute et Basse Auvergne. Il vous en sera fait écho prochainement.

Vous trouverez, dans ces Chroniques n°2, un aspect primordial de nos recherches : André-Marie Dendievel nous propose la restitution des paysages et de l’environnement dans lequel les sites se sont implantés, et qu’ils ont transformés par le fait même. Dans une optique peu différente, Florie-Anne Auxerre-Géron fournit un aperçu à double focale : les potentiels minéralogiques du Cantal et de l’Est du Limousin tels qu’ils nous sont connus actuellement et les traces ou indices même ténus de leur exploitation durant l’âge du Fer. Fabien Delrieu, cette année, ses pieds dans les pas d’Alphonse Vinatié, restitue la longue trace des monuments funéraires protohistoriques encore visibles dans le paysage du nord du Cantal, le long de la vallée de la Sianne. Lionel Izac se joint à nous pour rappeler une fouille menée il y a plus de dix ans sur le site nommé « tumulus » de Celles. Nous verrons comment l’identification de sa fonction reste encore problématique.

Pour garder un contact avec la Basse Auvergne, Christine Mennessier-Jouannet a extrait parmi le mobilier archéologique présent sur tous les sites actuellement connus du second âge du Fer, un accessoire de cuisine jusqu’ici peu documenté : les plaques de cuisson. Derrière un aspect modeste, elles restent l’objet de discussion sur le détail de leur morphologie et sur leur mode d’utilisation. Une chose est certaine, elles sont un guide précieux d’un point de vue chronologique.

Christine Mennessier-Jouannet

Présidente de l’ARAFA

Archéologie de l’âge du Fer en Auvergne

L’ ARAFA (Association pour la Recherche sur l’Age du Fer en Auvergne) effectue, depuis 1990, des Recherches archéologiques (prospections, fouilles et publications), en concertation avec le Service régional de l’Archéologie.

La base archéologique de L’ ARAFA est la maison Domat à Mirefleurs, bâtisse du XVᵉ siècle que les habitants du village appellent encore la « maison des Anglais ». En référence à l’accueil d’étudiants anglophone sous la houlette de John Collis (université de Sheffield) entre 1975 et 1994.

La maison a appartenu à la famille Domat, dont le membre le plus connu, le juriste Jean-Baptiste Domat, codifia le droit français au XVIIᵉ siècle. Il fut l’ami intime de Blaise Pascal, à qui l’on doit l’invention de la machine à calculer. Nous nous plaisons à penser que nous continuons ainsi une longue tradition de calcul.

Cette bâtisse est mise gracieusement à disposition de l’ARAFA par son propriétaire, Henri Desfeuilles.

La base archéologique de L' ARAFA est la maison Domat à Mirefleurs, bâtisse du XVᵉ siècle que les habitants du village appellent encore la « maison des Anglais ». En référence à l’accueil d’étudiants anglophone sous la houlette de John Collis (université de Sheffield) entre 1975 et 1994.
La maison a appartenu à la famille Domat, dont le membre le plus connu, le juriste Jean-Baptiste Domat, codifia le droit français au XVIIᵉ siècle.
La maison Domat et ses occupants

Archéologie de l’âge du Fer en Auvergne : Objectifs de l’ARAFA

Les étudiants chercheurs que nous accompagnons dans leur démarche scientifique trouvent intérêt à utiliser la documentation et les moyens informatiques que leur procure cette base. Chaque été de nombreux jeunes et personnes de tous âges participent aux campagnes de fouilles sur plusieurs chantiers répartis dans la région.

Ces opérations sont financées par l’État et les collectivités territoriales (Conseils régionaux, Conseils départementaux, Communautés…)

Il convient de souligner ici le rôle fédérateur de L’ ARAFA en Auvergne, dont la dynamique s’est enrichie ces dernières années avec l’arrivée de nouveaux chercheurs d’horizons divers (Université, CNRS, Culture, etc.), s’impliquant scientifiquement dans de nouveaux programmes de recherche avec un renouvellement des problématiques dans différents domaines (funéraire, cultuel, céramique, numismatique, transformation de matière première).


Archéologie de l’âge du Fer en Auvergne : Histoire de l’ARAFA

Notre équipe s’est implantée en Auvergne en 1973, réanimant une longue tradition de collaboration franco-britannique dont l’origine remonte aux années 1930 (Comité Pro-Gergovia).

Faisant suite aux opérations de fouille programmée effectuées sur le « site de La Grande Borne« , l’ARAFA cumul 30 années de recherche sur l’âge du Fer en Auvergne, et plus particulièrement sur le Second âge du Fer.


Années 1960

En 1966, sur les conseils d’Hugues Vertet, Robert Périchon ouvre le chantier du « site d’Aulnat » qu’il fouille jusqu’en 1982, en mettant en évidence des niveaux structurés (empierrement, fosses, sépultures) associés à un mobilier abondant et varié daté entre le Ileme et le ler siècle av. J.-C.


Années 1970

À partir de 1973 et jusqu’en 1981, John Collis s’associe à l’étude de ce site, en ouvrant un deuxième chantier situé à quelques dizaines de mètres au sud du chantier « Périchon ». Il fouille un chemin flanqué de fossés latéraux et des fosses s’échelonnant entre entre le Ileme et le ler siècle av. J.-C.


Années 1980

L' ARAFA : en 1966, sur les conseils d’Hugues Vertet, Robert Périchon ouvre le chantier du « site d’Aulnat » qu’il fouille jusqu’en 1982, en mettant en évidence des niveaux structurés associés à un mobilier abondant et varié daté entre le Ileme et le ler siècle av. J.-C. À partir de 1973 et jusqu’en 1981, John Collis s’associe à l’étude de ce site, en ouvrant un deuxième chantier situé à quelques dizaines de mètres au sud du chantier « Périchon ».
R. Périchon et J. Collis (cliché : J. Humble)

À partir de 1980, Nigel Mills organise des campagnes de prospection au sol effectuées de façon systématique sur la base d’un zonage kilométrique. Ces opérations ont couvert le sud de la Grande Limagne ainsi que la région des buttes (Authezat, Plauzat, Saint-Sandoux).

En 1984, le travail fut axé sur le fuseau d’étude de l’autoroute A71. La découverte du site de « Pâtural » a permis d’orienter la problématique de l’équipe vers l’étude d’un site d’habitat de plaine occupé pendant la même période que « La Grande Borne ».

En 1988, l’équipe bénéficia du soutien du CNRS dans le cadre d’une ATP consacrée à l’étude de « l’occupation des Limagnes d’Auvergne durant l’âge du Fer ». Trois secteurs ont été sélectionnés :

  • Le bassin de Clermont-Ferrand et le sud de la Grande Limagne (V. Guichard).
  • le bassin de la Morge, au nord de la Grande Limagne par (Ch. Jouannet).
  • La Limagne d’Issoire par (C. Watson).

Cette étude fut continuée de 1990 à 1994, par un ensemble de prospections-inventaire dans le cadre d’un Projet Collectif de Recherche soutenu par le ministère de la Culture : « le peuplement des Limagnes d’Auvergne à l’âge du Fer ».

L' ARAFA : en 1966, sur les conseils d’Hugues Vertet, Robert Périchon ouvre le chantier du « site d’Aulnat » qu’il fouille jusqu’en 1982, en mettant en évidence des niveaux structurés associés à un mobilier abondant et varié daté entre le Ileme et le ler siècle av. J.-C. À partir de 1973 et jusqu’en 1981, John Collis s’associe à l’étude de ce site, en ouvrant un deuxième chantier situé à quelques dizaines de mètres au sud du chantier « Périchon ».
Aulnat, La Grande Borne, chantier 4. 1975. (cliché : J. Collis)

Années 1990

De 1991 à 1992, plusieurs fouilles programmées étaient menées par L’ ARAFA sur différents secteurs de la Basse-Auvergne :

  • « Artonne » sur un site (captage de source) occupé depuis La Tène ancienne jusqu’à La Tène Dl (Ch. Jouannet),
  • « Corent » en 1991 et 1992 à l’emplacement présumé d’un sanctuaire (V. Guichard),
  • « La Roche Blanche » et « Orcet » en 1995 et 1996,
  • le site des « Cotes de Clermont », sur les emplacements présumés des ouvrages militaires liés aux campagnes de César (V. Guichard),
  • « Clermont-Ferrand » sur le site de « Pâtural » fouillé de 1986 à 1995, et où alternèrent opérations d’archéologie programmée (J. Collis et J. Dunkley), et d’archéologie préventive (M. Richardson).

A cela, il faut ajouter de nombreuses autres interventions (prospections et sondages).

Archéologie de l’âge du Fer en Auvergne : fouilles récentes

Ces dernières années des opérations programmées ont eu lieu :

  • sur le plateau de Gergovie (63). Étude des fortifications (T. Pertlwieser) ;
  • sur le plateau de Gergovie (63). Étude du sanctuaire gallo-romain (M. Garcia) ;
  • sur le plateau de Corent (63). Étude du sanctuaire (M. Poux) ;
  • à Hérisson (03). Oppidum de Cordes-Chateloi (D. Lallemand) ;
  • au Cendre (63) : Oppidum de Gondole (Y. Deberge) ;
  • à Salettes (43). Camp d’Antoune (M.-C Kurzaj) ;
  • à Monestier (03). Site de Chantelle-la-Vieille (J. Besson) ;
  • à Budelières (23). Site de Sainte-Radegonde (M. Pasquel) ;
  • à Bègues (03), sur l’oppidum (P. Pion) ;
  • à Charmensac (15). Suc de Lermu (F. Delrieu) ;
  • à Espalem (43). Nécropole de la Pénide (A. Duny) ;
  • à Saint-flour (15). Dolmens de la planèze (F. Chateauneuf)

La carte archéologique

En 30 ans la carte archéologique de l’âge du Fer en Auvergne a considérablement évolué, modifiant notre vision de l’occupation du territoire. Sur l’ensemble de la région Auvergne, plus de 600 sites sont recensés.

Pendant les 30 dernières années, le nombre des sites a globalement été multiplié par 5. Mais c’est surtout pendant les quinze dernières années écoulées que le rythme des découvertes et la qualité des informations ont augmenté de façon sensible.

La centaine de sites qui a alors enrichi la Carte Archéologique provient de diagnostics sur de vastes espaces et d’opérations de fouilles préventives d’envergure. Mais aussi de la systématisation des prospections au sol.


Cette évolution est naturellement liée à la création d’aménagements structurants notamment dans des secteurs clefs comme l’Allier ou celui du bassin de Clermont. Mais aussi à une meilleure gestion du territoire par un Service régional de l’archéologie alors renforcé (gestion du préventif et établissement de la Carte archéologique), ainsi qu’au développement de l’archéologie préventive.

Auteurs : J. Collis, V. Guichard et al.

Pour en savoir plus

Ezio Ardvini et Yves Morvan, “Pascal à Mirefleurs ? Les dessins de la maison de Domat”Courrier du Centre International Blaise-Pascal [Online], 6 | 1984

John Collis : La mémoire des lieux: hommage à Robert Périchon (1928-1999)

Notice Salettes (43) – Le Camp d’Antoune

Notice Monestier (03) – Chantelle-la-Vieille

Notice Hérisson (03) – Oppidum de Cordes-Chateloi

Notice Budelières (23) – Site de Sainte-Radégonde

Notice Les dolmens de la Planèze de Saint-Flour (15)

Espalem (43) – La nécropole de la Pénide

Notice Charmensac (15) – Le Suc de Lermu

Notice Bègues (03) – Oppidum de Bègues

Notice Corent (63) – Oppidum de Corent

Notice Le Cendre (63) – Oppidum de Gondole

Notice La Roche-Blanche (63) – Oppidum de Gergovie